
J’ai tout fait pour lui échapper même si elle fait partie intégrante de mon histoire. Au moment où je la pense loin de moi, sa main glaciale me saisit le cou pour me dire : “je serai toujours là. Tu peux y voir un côté positif, car je te permets de respirer à l’abri des autres, te donne une cadre pour écrire. Bon, il est vrai que d’un autre côté, je te fais souffrir. Je te pensais optimiste. Tu ne l’es pas ? ou tu ne l’es plus ?”
Elle est revenue aujourd’hui et je ne sais pour combien de temps. Je me projetai à l’abri en montagne avec femme et enfants. J’ai coutume de dire que la vie est une question de choix et de volonté, mais dans le cas présent, je vois la fatalité. L’homme que je suis et qui joue tous les coups à fond se rend en ce moment même à l’évidence. J’ai longtemps été seul, moi, cœur aimant, et retourne vers la solitude après une courte pause. Une vie intérieure agitée est ce qui me caractérise depuis l’enfance. Dans ce service pédiatrique, j’ai extrait la force de l’épreuve et construit un imaginaire débordant.
40 ans plus tard, je ne suis plus dans un hôpital et les lames de la solitude sont venues me frapper au moment où je m’y attendais le moins. Je peux choisir de souffrir a minima, mais souffrance tout de même, il y aura. La main que je tenais s’est défaite pour me poignarder. Pour mon bien, mon cœur a été arraché. Pour mon bien, le lien a été sectionné.
Qui fait du mal pour le bien d’autrui ? Passé les considérations philosophiques, j’ai la sensation de payer pour d’autres que je n’ai pas connu et des fautes que je n’ai pas commises. Les questions fusent :
Pourquoi moi ?
Combien de temps ?
Serais-je un jour papa ?
Vais-je mourir seul ?
Je n’ai aucune de ces réponses. Je suis fatigué des promesses non tenues d’une heure à l’autre et de la sanction qui tombe comme le pouce de César, qui, tourné vers le sol, sonne la fin et le trépas. En écrivant ces mots, je suis dans l’arène. Un jouet pour le peuple qui avec un peu de pain peut se délecter de mon sort.
Je partirai seul, je le sais. Je suis résigné. Je suis fatigué. Poignardé par amour. Ma vie n’est pas terminée et j’entre dans un cycle de deuil. Une courbe que je dois suivre pour sortir par le haut. Passé par la surprise et la négociation, l’acceptation est encore lointaine.
Pourquoi ?
Je dois faire mienne cette phrase que je transmets : on doit te mériter et non te tolérer.
Une phrase fruit de mon esprit que j’aime transmettre pour que l’estime de soi devienne réalité pour certains qui la voient comme mirage lointain. Vous ne pouvez contenter tout le monde, et encore moins faire l’unanimité. Votre sang peut vous nuire et vouloir votre mort. La réalité humaine est ainsi faite. Ce coup de poignard, coup d’État sentimental, est une leçon parmi les autres. J’écris l’âme cicatrisée et vous affirme qu’en œuvrant avec la bonne intention, la pureté de l’âme :
Aller là où on vous mérite !
Abdelhamid NIATI
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