Le Mot de la fin

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Les traits tirés à certains moments de la journée sont devenus permanents au fil du temps passé. En me regardant attentivement,  le regard sincère, vous pourrez voir comment les émotions, pleurs, chagrins, rires, fatigue, ont envoyé leurs troupes microscopiques pour creuser des sillons sur mon visage. Ce dernier, pris d’assaut par l’armée invisible des aventures vitales n’a opposé aucune résistance.  Au contraire, il semblait préparé et a  laissé le cours du temps creuser ses différents  lits de rivière faciale. Durant les premières années de mon existence je n’ai  pas senti le labourage facial. En effet,  Enfant, rien n’est perceptible, puis l’adolescence, préambule de l’âge adulte teste la peau de son acné  laissant parfois les premières traces du temps qui passe.  Des soldats, aux ordres du temps, outils en main creusent les visages, les corps et les mains sculptant l’humain et accentuant les particularités de chacun. Non contents de s’en prendre à mon visage, mes cheveux m’ont quittée, déracinés, voire désherbés. Je n’ai rien vu venir dans ma vie rythmée par le travail, le stress, les coups de foudre, les conquêtes d’un jour, l’amour, l’Amour et  les anniversaires.  C’est au cours de ces derniers que j’ai commencé à ressentir l’apesanteur des années passées sur terre  d’un sablier alourdi sur le bas par le sable écoulé. Le jour de mes 30 ans je me suis senti différent et j’ai commencé à dresser le  bilan de mon action terrestre. Le poil grisonnant de mes 40 années me rappela à l’exercice du bilan entrainant une crise profonde, abyssale dépression aux parois glissantes.  Un état dépourvu d’issues de secours tant le rétablissement est long pénible et douloureux. Je me revois encore crucifié sur mon  lit, le corps amaigri, me demandant comment j’en étais arrivé là et surtout quand tout ceci cesserait.   Je me suis remémoré mon existence pendant laquelle J’ai vu et écouté le temps passer au rythme des pleurs et des cris de joie lors de naissances et d’hystérie au moment des enterrements. L’écoute du temps s’est faite au cours des journées quand le trafic se calmait entre Les heures de pointe et tard le soir quand les corps se couchaient sous le poids des journées chargées. Fixe sur un globe qui tourne, le rythme mort naissance ne prend pas de pause, entre âmes insufflées et âmes délogées.  J’en étais arrivé au stade où  le couple corps/âme tend à se dissocier. Mon âme, vitae, a tenté de sortir, avec mon aide parfois je dois l’avouer.  Les parties distendues de mon corps attestent bien de ce conflit qui s’est déroulé entre âme et corps. Cette dernière faisant tout pour sortir mais retenue par une enveloppe dont l’heure n’était pas venue.

C’est donc en survivant que j’écris ces mots moi qui ai voulu contrer le sablier vital, quitter ce monde, m’extraire des autres, compressé par une vie trop dure, mais surtout solitaire. Le salut est venu d’une autre âme rencontrée lors d’une hospitalisation rendue nécessaire par mon état. Dans cet endroit aseptisé une âme soignante s’est détachée du lot venant vers moi. Alité dans une chambre, ses yeux saphir, joyaux oculaires ont caressé mon âme au point de provoquer une crue lacrymale que même les sillons creusés ne pouvaient pas retenir. A ce moment de mon existence elle était la plus belle chose qu’il m’est été donné de voir. De longues semaines durant, elle s’est faite protectrice, de par ses fonctions d’abord, puis d’un amour naissant ensuite. De protégé, je suis devenu complément pour aujourd’hui vouloir devenir protecteur. Si dans mes yeux les résidus de ténèbres  sont bien présents, la lumière y brille un peu plus. Voici ma renaissance.

Abdelhamid NIATI (pour le texte) Tous droits reservés 

Lapszynski Eric pour l’oeuvre 

Immortel ?

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Les yeux ébène, robe sombre, ses yeux immenses laissent paraître une sérénité venue d’ailleurs. Un secours temporel dans la rapidité des existences modernes. Au point qu’on entend ses yeux parler et dire : « vos âmes sont apaisées. Cessez de courir et savourez l’instant présent « . Je ne saurais expliquer pourquoi, à ce moment précis, j’ai décidé de prendre le cortège en photo ni pourquoi et par quelle magie, elle seule s’est arrêté et pour me mettre au diapason de la quiétude. Elle s’est mise à me parler.

Elle : Cette photo était nécessaire

Moi : ?

Moi : Pourquoi ?

Elle : c’est toi le qui l’a prise et tu me demandes pourquoi.

Moi : A vrai dire je ne sais pas. Je ne saurais expliquer ni pourquoi, ni pour qui j’ai voulu prendre cette photo ici et maintenant.

Elle : Dans une époque lancée à pleine vitesse, le besoin de tout photographier apparait comme une tentative de capturer le temps qui passe vite, très vite, trop vite.

Moi : J’aurai agi pour cette raison ?

Elle : tu l’as fait car tu refuses de laisser partir l’humain qui t’a donné tant de bonheur. Lui qui s’est soucié plus de toi que n’importe qui. Lui qui a fait tes envies avant les siennes. Lui au cœur généreux, qui était prêt à donner sa vie pour toi.

Moi (les larmes me viennent) : Si tu savais…si seulement tu savais. Je n’ai jamais rencontré d’humain plus généreux que lui. Il m’a protégé comme son propre sang alors que nos arbres généalogiques sont si éloignés.

Elle : Une âme apaisée voilà ce qu’il était et ce qu’il restera toujours. Et son amour…

Moi : …Son amour pour les autres est sans fin et sans limites et même absent physiquement je le ressens encore.

Elle : Il savait arrêter le temps et t’apaiser je sais. Ton cœur comme une orange bat fraichement dans ta poitrine.

Moi : il aurait pu écrire ça

Elle : il l’a fait. Il a décrit ton cœur comme un fruit à la pulpe intarissable qui sous une écorce rugueuse, laisse paraitre la vie, une fois épluché.

Moi : Pourquoi n’est-il plus là pour me le dire

Elle : il savait son heure venue. Il savait également guider les âmes pour transmettre les messages. Même absent il est plus présent que n’importe qui.

Moi : je n’aurais pu mieux le décrire

Elle : ce sont encore ses mots. Tu étais est et restera sa petite sœur.  Il a transmis aux autres toutes les informations sur ton génie. Tu as pris cette photo car ton génie ne prend pas de pause pour capturer le vivant. Créer est une fonction vitale chez toi et l’orange qui te sert de cœur une fontaine pour l’humanité. Tu es cette rose dont les pétales ne tombent jamais, cette fleur sublime aux 1000 poèmes, cet œil éclairé qui éclaire. Tes mains sont des outils au service du sublime.

Moi : …Mer..

Elle : Non ! C’est encore lui. Il avait écrit ça pour toi.  Celui qui s’en est allé à toujours pensé à toi. Le fait de lui tourner les talons ne constitue pas une trahison car c’est ton bonheur qu’il voulait avant tout. Tu  refuses de le laisser partir mais il nous a quittés sans pour autant partir. Dans ses textes réside son âme, son amour… Il a enfin achevé son recueil afin que tu puisses le publier. Je te connais et reconnais  ton génie. Pour lui nous sommes tous des immmortels. Nous laisons un héritage à l’humanité et continuons à vivre dans les temoignages des autres (encore ses mots).

Moi : Mais ?

 

Elle : Je ne me suis pas arrêté pour être prise ne photo mais pour figer le temps à mon tour et te dire toutes ces choses. Je t’avais repéré avant d’aller vers sa dernière demeure.  Je ne t’ai pas quitté des yeux mais pour une fois dans ta vie tu as baissé ta garde car de l’amour de ton grand frère tu ne voulais te priver. Je ne me suis pas présenté : je suis la sœur de celui que tu appelais « grand frère » et tu es la seule et unique Rhiz !

Tous droits reservés . Abdelhamid NIATI pour le texte

Lapszynski Eric pour l’oeuvre.

 

L’essence du colibri

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Sur place et en mouvement, dans nos quêtes de sens, nous testons, tapotons, rejetons, adoptons afin de construire le chemin existentiel et trouver une place dans un monde aux dimensions multiples. Devant,  un chemin chaotique, dans nos mains le matériau de la stabilisation.  Posant une à une les dalles qui accueilleront nos pieds et les éléments qui ouvriront l’esprit, accueillant les émotions du fil de la vie, nous avançons. Les éléments de l’existence tombent comme les averses d’un climat tempéré. C’est dans ces instants que nous devons trouver un abri. Comme un parapluie qui s’ouvre soudainement sur une féérie luminescente où 1000 fées ont trouvé refuge sous la baguette d’un seul chef d’orchestre , je contemple, souffle coupé, l’œuvre qui a saisi l’œil au vol pour mieux capturer le cœur. Ce chef d’Orchestre est une chef en réalité et de ses yeux, regard apaisant d’une montagne qui veille sur l’humanité, elle réanime les âmes et redonne vie et vue. La liaison descendante regard/ myocarde est tracée et raccourcie altérant le souffle. En remontant, la gorge se noue, l’intensité forte, la mâchoire se réchauffe et la larme se laisse aller à un  ballet oculaire qui se prolonge le long de la joue. Le monde se fige sur une oeuvre, une seule. C’est à ce moment que nous reprenons vie. Pour tout cela, et au nom de nos cœurs acceptes nos remerciement Laure Babiker.

2016 sera ton année et l’éternité ton écrin

 

Abdelhamid NIATI  pour le texte

Laure Babiker pour l’oeuvre

 

Tous droits réservés

 

 

Une question de Sang !

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Me voilà face à tante terrifiante. Je l’appelle ainsi car elle ne montre aucune faille et ses paroles peuvent vous emporter comme un torrent, une mer déchainée. Ma mère m’a envoyé chez elle le temps des vacances et j’ignore tout de l’accueil qu’elle me réserve. Les muscles de son visage bougent et elle s’apprête à parler ou à me dévorer.

La tante terrifiante : « Bonjour, bienvenue chez moi. Je n’ai pas eu d’autres choix que celui de t’accueillir »

Moi : « ? »

La tante terrifiante : « On ne m’a guère laissé d’autre choix. Recevoir son neveu chez soi devrait être un plaisir pour le commun des mortels mais je ne suis pas le commun des mortels. »

Moi : « Mais ? »

-Elle : «  Ne m’interromps pas ! Jamais ! Je t’ai vu naître. J’ai vu ta mère souffrir à chacune des contractions. Hurler de douleur et de joie pour tomber dans le paradoxe inévitable de l’accouchement. »

Moi : « je sais »

Elle : « Non ! Non tu ne sais pas ! Es-tu une femme ? Une mère ? »

-Moi : « non »

Elle : « Bien entendu que non, tu n’es qu’un jeune…. Alors j’ai raison de dire que tu ne sais rien.  Je me souviens clairement de tes anniversaires où je t’ai offert des cadeaux pour t’éveiller. Au lieu de cela monsieur voulait jouer. Et jouer à quoi ? À regarder des pseudo comédiens, humains soit disant ordinaires qui atrophient le cerveau à travers un écran. Dis-moi ce que tu as récolté ? »

Moi : « bah…. »

Elle : « Bah ? Bah ? Les mots sont devenus des onomatopées chez toi. A ton âge, j’étais heureuse d’aller étudier. Aujourd’hui je suis heureuse d’aller travailler. Lorsque je me lève, ta carcasse larvaire ne fait qu’une avec ton lit. Lorsque je travaille, le cerveau en ébullition le tien reste sur l’oreiller pendant que ton corps déambule d’une pièce à l’autre avec des bah ! Voilà comment on tombe aussi bas ! Tout comme tes notes et ton intellect. »

Encore elle :  « Tu as cru qu’exister était synonyme de fausse rébellion envers tes parents. Tu as défié leur autorité en fréquentant des demeurés persuadés que la vérité se trouve dans un espace numérique. Connais-tu l’histoire de ton grand-père au moins ? »

Moi : « Oui »

Elle : « Alors raconte-moi s’il te plaît. »

Moi : « je ne connais pas tout »

Elle : « Tu ne sais rien. Ton grand-père écrivait de temps à autre, et ce, malgré un travail toujours pénible. Il a commencé à l’âge de 15 ans. Voici un de ces récits » :

Aujourd’hui je recommence, en descendant dans les entrailles de la terre. Chaque fois, j’ai l’impression d’aller en enfer sans garantie de retour. La grille se referme et nous voilà ensembles, le sors scellé, pour aller gratter la terre afin de chauffer les foyers, nos foyers, alimenter l’industrie, les vies, la Vie. Une fois en bas, les gueules noires prennent leur poste et travaillent avec précision. Mes mains d’adolescent contiennent en leur creux, la vie de mes frères de cage. Les coups doivent être portés avec une grande justesse. La pelle doit être maintenue avec un geste juste, un équilibre tenu du poignet à l’épaule pour charger les berlines. Si le geste est imparfait ou insuffisamment calibré, le charbon retombe inévitablement sur le sol et il faut redoubler d’efforts pour tout récupérer. Le grisou est notre pire ennemi car à trop le, provoquer, le gaz fera son effet et mes pieds se trouveront sur un sol meuble écarlate. Le sang de mes frères, les corps éventrés de mes pairs me rappelleront à ma condition précaire de mortelle mais surtout à ma grande responsabilité quant à leur vie. Ce n’est pas mon avenir que j’ai entre mes mains mais la vie des autres et celle de ma famille restée en haut. Ceux que j’appelle mes frères viennent des plaines de Flandre, d’Afrique du Nord, d’Italie, de Pologne. Une grande famille composée pour l’occasion. Le charbon sur les visages et la cage qui nous descend effacent nos différences. Tous dans les mêmes trous nous sommes. Il ne fait jamais bon s’attarder en enfer. A la remontée, tout le monde expire comme une chorale minière et la salle des pendus nous attend pour une bonne douche. Cet endroit porte un nom qui rappelle une nouvelle fois la mort. Un pendu est en vie tant que le sol ne s’est pas dérobé sous ses pieds, que sa nuque n’est pas brisée. En bas c’est pareil, je suis en vie tant le sol reste stable pour me permettre d’ajuster mes gestes. Je suis en sursis plusieurs fois dans une même journée et profite de chaque jour comme si c’était le dernier en prenant le temps de regarder les autres pour ne nourrir aucun regret. C’est peut-être pour cette raison que je fais parler ma plume. Je sais que d’autres le fond en racontant, nos vies, notre époque, nos luttes. Ils prennent des risques eux aussi, à écrire précisément ce qui se passe, au milieu du chaos de la bataille de la lutte des classes. Je les imagine, assis, la peur contenue, entre deux foules qui veulent s’entretuer. Ils doivent rester jusqu’à la fin pour ne pas perdre une miette de ce qui se passe et dresser un bilan de ce qu’il s’est passé. Ils doivent avoir le geste juste, ne pas trembler, ne pas travestir la vérité,  romancer le tout car ils ne connaissent du trou que ce qu’on leur raconte.

« Il y a d’autres textes de la sorte dans la chambre du haut dont voici la clef »

Moi : «j’ignorais tout ça »

-Elle :La plume de Zola est une chose mais celle de ton grand-père en est une autre. Celle de ton grand père représente ton sang et maintenant que tu as lu ça, une partie de son histoire coule dans tes veines. Il y a l’histoire d’une région, d’une famille, des familles des gueules noires venues d’ailleurs. Ton grand père a appris à connaître l’humanité avant de la juger. Tu es là aujourd’hui pour prendre tes distances avec les intoxications intellectuelles sur pieds et sur écran. Tu es là pour te ressourcer  et te nourrir de ce que d’autres ont créé au péril de leur vie. Prends cette clef et monte dans la chambre pour défaire tes valises »

Apprendre à connaître l’humanité avant de la juger. Cette phrase résonne en moi et me fait trembler. Au moment de prendre la clef, je suis glacé par le regard de ma tante. J’y vois un amour, une fierté, une tristesse. Autant de sentiments dans un seul regard, me disent que son histoire a dû être mouvementée. Elle a hérité de l’histoire de l’ascendance. Les tableaux dans sa maison me font penser à mon grand-père. Les artistes qui les ont peints se sont retrouvés comme dans une mine. Ils étaient en danger. La clef en main je lève la tête et regarde un tableau qui m’hypnotise. Un bleu qui m’aspire comme un tourbillon. J’aimerai connaitre la personne qui a peint ce tableau. En bas à gauche, l’auteur a signé : Laps !

Quand j’écris, je vais très vite, les veines tailladées, je puise dans mon propre sang l’énergie nécessaire pour raconter l’humanité.

Abdelhmamid NIATI pour le texte – Tous droits réservés

Lapszynski Eric pour l’oeuvre.

Et si c’était un cygne ?

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Habituellement on m’observe et interagit avec moi lorsque je laisse ma grâce évoluer sur un lac. Je tourne, me déplace, rencontre les visiteurs, éblouissant les enfants. Un jour j’ai dû prendre le large pour m’aventurer dans des cours d’eau jusque-là inconnus à la différence des périmètres aquatiques restreints pour parcs domestiques et poumons urbains pour villes suffocantes. Je ne suis pas comme les autres, à part la grâce l’apparence est tout autre. Le blanc est noir chez moi ce qui me rend moins attirant. Je suis une curiosité car plus rare et venu d’ailleurs. Me voici donc porté par ce flot, aux rives rouge sang. Un peu comme le sang qui traverse mon corps et me fait vivre me réchauffe, irriguant  mes plumes. Ces dernières, simples accessoires pour certains, doivent être entretenus et ne jamais être rompues. En cas de rupture de l’une d’entre elle, je dois l’arracher afin de cicatriser au plus vite et laisser le sang s’irriguer comme ce cours d’eau irrigue ce paysage écarlate. Cette plume est tout aussi vitale pour la personne qui écrit ce texte sous vos yeux pour raconter mon histoire et qui, sans elle ne pourrait plus écrire. Semblable à un doigt abîmé ou amputé il devrait réapprendre à écrire et son sang changer sa trajectoire initiale afin de rendre l’irrigation vitale optimale. Ces arbres me ressemblent en apparence mais en apparence seulement. Plongés dans un coma saisonnier ou morts les artères tranchées, leur sang s’est écoulé pour donner à la terre ce rouge si particulier. L’essence vitale à même le sol, ces compagnons boisés sont clairsemés et je ressens un vide sur les 2 rives. Un deuil que je dois faire pour une partie du milieu naturel qui m’a vu naître. Mon âme est bien en place et je suis toujours en vie naviguant au milieu du sang. J’avance et ne veux pas faire demi-tour car ma rareté est mon originalité, mon côté unique comme la plume de celui que vous lisez à conter mon aventure. Je ne m’arrêterais pas car je dois surprendre, apporter ma teinte personnelle en milieu homogène. Ma destinée est de faire des rencontres ne serait-ce  que pour raconter l’histoire  de ces rives sanguines que j’ai dû traverser pour en arriver là. Ce deuil que j’ai dû faire et la parole qui m’a été donnée par celui qui me décrit. Nos plumes se sont croisées sans jamais s’emmêler. Voilà comment les différences se sont complétées pour donner vie à ce récit.

Abdelhamid NIATI

Tout droits réservés

L’œuvre est « cygnée » par Lapszynski Eric

Où aller ?

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Effrayé par la profondeur du champ, l’inconnue du chemin, traverser est ma seule option pour ne pas périr par le froid. Un ciel pour guide et espoir, la ouate céleste couverture hivernale, contraste avec la sécheresse de ma peau tannée par l’hiver. Je me suis retrouvé ici en voulant fuir ma propre vie, ses tumultes transformées en chaos, son chant émotionnel devenu cacophonie sentimental. Ce soir, la goutte avait fait déborder le vase d’une vie déjà bien remplie alors j’ai fui et roulé jusqu’à ce bois. Ma voiture à peine fermée, je me suis engouffré dans cet alignement de bois verticaux. Du bois à première vue mais le sentiment d’emprisonnement ressenti, les transforme en clous géants plantés là comme pour dire que je suis trop domestiqué pour affronter l’hostilité de la vérité. Un réalité que j’ai fuis mais pour aller où ? J’ai pensé naïvement, que mes problèmes pouvaient s’envoler en leur tournant les talons. Il n’en est rien et je suis là perdu parmi une verticalité qui a certainement vu passer plus d’une génération de fuyards. Ces arbres juste assoupis le temps d’une saison, la sève au ralenti, ne sont ni plus ni moins que les calendriers d’une horloge terrestre à la mécanique parfaite. Ils ne dorment que d’un œil et sortiront de leur état  dans quelques mois après avoir résisté à l’hiver. Des branches baissées m’avertissent.  Poursuivre ma route pourrait me tuer alors aussi certain que ces arbres sont mes gardiens  et veillent sur l’humanité, je dois me retourner et résister. Je reviendrais ici dans quelques années avec des enfants que je veux voir grandir et partager avec eux le spectacle d’une nature qui est notre, et qui donne aux humains des leçons qu’aucun autre ne pourrait offrir.

Abdelhamid NIATI

Tous droits réservés

Lapszynski Eric est le créateur de cette oeuvre

Parole d’Artiste ! Eric Lapszynski

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 Lapszynski Eric

Dessiner….c’est toucher du regard ce que les autres ne voient pas » Lapszynski Eric

 

Lors de mon dernier article écrit d’un seul trait en réaction à une œuvre artistique, je déclarais mon amour pour l’Art et pour les œuvres d’un artiste en particulier. Cet artiste  a le don de créer des toiles « aspirantes »  qui invitent à la réflexion et  à l’introspection. Au-delà de l’œuvre présentée, j’ai donné la parole à son créateur qui «aspire» et inspire tant d’émotions. Lorsque je regarde ses yeux, mon âme se découvre et parfois un nœud se forme au niveau de la gorge tant l’émotion est Grande. Je vous livre ici l’interview qui est la suite logique du précédent article.

Bonjour Éric, Peux-tu te présenter aux lecteurs de « MonEncre » ? 

Bonjour,  je suis  Éric Lapszynski, 46 ans habitant  Montrouge et artiste peintre. Je réalise des œuvres à l’encre de Chine et aux pastels gras sur papier de différents formats.

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(Je te remercie pour cette belle entrée en matière) Quand as-tu découvert ta fibre artistique ?

Je l’ai depuis toujours je pense. Depuis mon enfance, mon adolescence et maintenant encore plus qu’hier. J’ai créé à différents stades de ma vie mais c’est maintenant que je vis pleinement mon œuvre….ma passion. J’ai depuis longtemps atteint ce point de non-retour et je ne peux et ne veux que m’y perdre encore plus. (Une éternité artistique ?)

Lapszynski Eric

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On t’a découvert sur ce blog à travers une œuvre pastel mais tu utilises d’autres matières : lesquelles et en quelles circonstances ? 

J’ai commencé avec l’encre de Chine et j’ai mis en place des techniques ou procédé personnels. Je me suis ensuite naturellement orienté vers autre chose : le pastel gras matière onctueuse et particulière. Le travail est différent car j’utilise des couleurs existantes que je fais collaborer entre elles alors qu’avec l’huile  la couleur recherchée peut être créée en mélangeant. Ces derniers temps je ne travaille qu’avec du pastels gras et un peu d’encre de Chine.

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Comment as-tu fait évoluer ta technique ou tes techniques dans le temps ? Peut-on y voir des étapes ou des paliers ?

Je suis en apprentissage jusqu’à la fin de ma vie et chaque jour est une découverte de techniques et de savoir-faire qui enrichissent ma palette. Peindre est un métier à savoir faire, faire encore et encore pour maîtriser le geste et offrir un savoir-faire mais il faut aussi ce petit truc qui fait vibrer.  La virtuosité dans la technique est nécessaire mais ne suffit pas.

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Tes œuvres provoquent beaucoup d’émotions tant par la profondeur que par les limites qu’elles repoussent. As-tu conscience de provoquer cela chez le spectateur ?

J’ai progressivement accepté cet état et maintenant je suis convaincu de la sincérité des émotions de ceux qui plongent dans mon univers. Je présente quelques chemins à prendre. Je veux que le spectateur soit vraiment absorbé et se perde. En somme : Qu’il S’approprie mon œuvre et en devienne l’acteur !

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Question un peu particulière  : quel sentiment domine ? 1- quand tu termines une toile  2 – quand tu t’en sépare

1) Ça dépend du temps de réalisation mais il y a toujours le sentiment joyeux d’avoir achevé son œuvre même si souvent l’idée de départ a laissé la place à  autre chose. Souvent je termine à peine un dessin que je suis déjà en réflexion  sur autre chose, d’ailleurs l’ancienne œuvre peut m’orienter ou ne pas m’orienter.

2) Je n’ai pas de problème à me détacher d’une œuvre, car je sais qu’elles sont de toute façon miennes pour toujours, simplement chez les autres. Le fait de les revoir me fait toujours plaisir.

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Tu partages tes œuvres sur Facebook avec tes amis et les commentaires s’étirent tard dans la nuit. Que t’apporte ce réseau social et comment accueilles tu les éloges ?

C’est un moyen moderne de montrer ce que je fais. Cela pourrait être un baromètre sur ce que je fais et qui plait. Mais je sais pourquoi je peins. Je n’oriente pas mon travail en fonction des « j’aime ». Mais je suis toujours à l’écoute des remarques et des commentaires qui peuvent me faire progresser.

Lapszynski Eric

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En dehors des réseaux sociaux, peut tu nous dire où peut on te rencontrer en chair en os et acheter tes toiles ?

Je suis au marché d’Edgar Quinet (Paris 14ème) presque tous les dimanches. Vous pouvez  me rencontrer et voir une partie de mes œuvres. Sinon allez sur http://lapsart.com/et commander des œuvres.  :))

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Éric Lapszynski  pour MonEncre

Je tiens à remercier une autre Artiste, Photographe cette fois-ci. C’est elle qui m’a fait connaitre Éric et qui a pris les photos de l’article. Elle s’appelle Rhiz (moi je l’appelle petite sœur)

http://www.rhiz.photography/

Abdelhamid NIATI  et Rhiz GDZ… and the Artist Eric Lapszynski

Merci L’artiste !!!

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Un escalator pavé; tissé sur la toile, l’aspiration se veut verticale. Une ascension artistique qui mène à un sommet. Une autre œuvre donnera un autre sommet, une somme de sommets en quelque sorte. Éric ne peint pas, non, il construit des montagnes et nous en fait découvrir les facettes pour que de chaines en chaines, nous arpentions le monde, le cœur délesté du bas et chargé par la beauté des toits du monde. Je regarde ses toiles et je me sens aspiré par un vortex artistique que le maitre humble au demeurant nous offre, non pour nous prendre au piège mais pour nous dire : « j’ai fait cette œuvre, alors à toi d’y voir et d’y ressentir ce que tu veux ». Enfant le radeau de la méduse m’avait submergé, adulte Éric m’a hissé à l’intérieur de ses toiles puis m’a laissé, promeneur solitaire, retrouver d’autres spectateurs de ses œuvres. Les cœurs se rejoignent dans ses ouvres, provoquant émotions et surprises. Aujourd’hui, le 20 février 2015 je déclare mon amour pour l’art et en particulier pour tes œuvres Éric Lapszynski.

Abdelhamid NIATI

Tous droits réservés.

La Toile est signé par l’artiste : Éric Lapszynski

Mon choix !

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La lumière du jour commence petit à petit à envahir mon espace vital et vient caresser mon visage. Engagé dans une relation intime avec mon lit, celle de  mon espace vitale est tout aussi délicate et exclusive.  Je décide donc d’ouvrir les yeux une bonne fois pour toute et de sortir de mon cocon nocturne. Une fois à la verticale, je me dirige vers la fenêtre et  l’ouvre afin de me recharger en Oxygène et d’observer la ville. Au loin, un mannequin de plusieurs centaines de mètres se dresse sur son armature de métal, exhibant ses courbes et sa lingerie au monde entier. Le regard à 14h00 me permet de me régaler de la vue du cœur sacré quitté la veille au soir. Après, l’oxygène, je rejoins l’autre élément vital à savoir l’eau pour ressentir encore plus le goût délicat de ma vie. Un nectar Ethiopien viendra ensuite caresser mon palais afin de faire le tour de mes sens.

                J’allume enfin ma structure et me connecte avec mes clients, prospects et compagnons de route. J’ai choisi mon isolation phonique afin de clore le dossier divorce entamé avec mon existence précédente. Je subissais les bruits, les odeurs, la promiscuité et la vue non-panoramique du tramway nommé cauchemar. Ma destination finale se résumait à un bureau avec fenêtre donnant sur un  cimetière. Pas de moineau, mais plutôt des corbeaux pour rythmer ma journée. Un peu comme Jean Meckert, je suis l’homme au marteau qui subit un quotidien professionnel monté en boucle avec sur mon chemin un trajet digne des galères et des collègues soumis à la taxe carbone, tant ils polluent mon espace vital. Aujourd’hui est un  autre jour, car je travaille « in my own house», un environnement de travail que j’ai choisi lorsque j’en ai fait l’acquisition avec ma femme. Me voilà donc en train de travailler sans avoir l’impression de vraiment le faire tant je suis à l’aise. Seul le résultat de la journée me  montrera combien je suis productif dans ma sphère vitale.  J’ai également divorcé de ma cantine et  me nourrit sainement depuis que je choisi mes propres aliments. Rien de plus normal puisque je suis chez moi. A 15 heures, 1 heure de cardio training afin de rester en forme, car oui ô luxe suprême, j’ai également ma propre salle de sport. Il est 18 heures lorsque je termine ma journée et que mes enfants rentrent de l’école suivis de près par mon épouse. Autre luxe, je les vois plus souvent et je les mets au lit, chose que je ne pouvais faire dans mon ancienne vie car une fois rentré, ils dormaient déjà.  Alors oui j’ai divorcé pour mieux me remarier avec une vie que je croyais oubliée. Le soir le cœur sacré veille sur moi et je fais de même avec ma géante métallique.

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Au pub St Lazare !

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happy-hourMois de juin, je suis en charmante compagnie, et nous cherchons un endroit pour nous asseoir et nous désaltérer. C’est à cet instant, rue de Rome, que nous nous trouvons face à un magnifique établissement et que nous entrons. Un accueil des plus chaleureux, et la liberté de nous asseoir où bon nous semble, juste pour boire un verre au début. Nous voilà assis et partageons un merveilleux moment autour d’un bon verre, dans un cadre très chaleureux. La couleur bois de l’endroit doit s’y prêter un peu comme les parfums de Jean Claude Ellena, senteurs aux touches teintés de cuirs et de citron, fragrance confortable et rassurante. L’heure tourne et le responsable, sans nous demander de régler quoique ce soit, nous demande si nous désirons manger, et nous acquiesçons. Après un dîner au ravissement visuel, olfactif, et gustatif, nous décidons de profiter de la fin de soirée parisienne. Le serveur nous apporte l’addition et nous offre le café, le tout pour 56 euros. Avec cette addition une carte de visite de l’établissement que je glisse dans mon portefeuille. Et c’est ainsi après un délicieux moment que j’ai fait de cet endroit une de mes cantines parisiennes. J’étais venu boire un verre et j’y ai dîné, tout comme j’aurais pu y dormir tellement j’y étais bien. Un exemple de fidélisation client, simplement en proposant et en mettant à l’aise.

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