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librairie

Denis Gentile et moi avons fréquenté les mêmes endroits, une librairie en particulier: JC LENFANT. Nous nous y sommes rendus pour y acheter nos fournitures scolaires. Je pousse encore la porte de cette librairie 32 années plus tard et toujours cette odeur de papier et de crayon si chère à mes sens, ma Madeleine de Proust  en quelque sorte. En fait de madeleine, mon hippocampe ne me joue pas de vilains de tours bien au contraire. Cette glande placée au plus proche de mes fosses nasales  a enregistré ces odeurs lors de mon enfance et chaque fois que je franchis une porte comme celle de cette librairie, cette banque de données ressort les dossiers de mon histoire pour me rappeler ma croissance, mon évolution et ma source. Ce n’est pas sans un pincement au cœur que j’écris ces lignes car enfant nous voulons tous grandir plus vite, trop vite et nourrissons des regrets à l’âge adulte.  Nous ne devrions rien regretter car enfant comme adulte nous vivons de merveilleux moments et notre appareil cérébral  est là pour nous le rappeler. Nous devenons des génies du silence. En silence nous travaillons pendant que nos synapses s’activent dans l’arrière-boutique pour satisfaire aux commandes diverses et variées de notre être. Une véritable librairie cérébrale contenue dans la boite crânienne,  des milliers de volumes contenant nos odeurs, nos passions, nos impressions. Autant de bibliothécaire et de libraires microscopiques qui œuvrent au bon fonctionnement de notre être.  Voilà des artisans bien particuliers dont personne ne parle jamais et qui sont bel et bien là parfaitement synchronisés dans leur tâche respective que seul le temps mettra en péril. Encore une fois un opéra, cette fois-ci cérébral, se joue dans nos têtes et dans un silence de Cathédrale.  Sans bruit, sans heurt, la synapse tourne à une vitesse incroyable pour transmettre les informations entre chaque neurone. Lorsque j’entre dans cette librairie, les odeurs activent tous ces ouvriers afin d’éveiller mes sens et  m’amener à échanger avec le libraire sur la texture du livre, son contenu et son histoire. Voilà comment une simple odeur m’amène à la réflexion avec un homme qui se passionne, depuis plusieurs décennies à cultiver les êtres, le tout sans demander de reconnaissance particulière, que ce soit à la télé ou sur papier glacé. Chaque jour qui passe, il reçoit ses livres, les connait sur le bout des doigts et conseille ses clients. Bien plus qu’un conseil, il instruit et s’instruit au fil des passages dans sa boutique dont le caractère magique ne fait aucun doute. Tel un magicien, il présente et enchante son public, fait apparaître des œuvres en illustrant sa vitrine.  Il sait comment enchanter le monde qui l’entoure parce qu’il aime faire plaisir. L’enchantement est le terme qui le caractérise le mieux. Connaissant son histoire, nous partageons la même Madeleine de Proust, un mélange de crayon et de papier imprimé et nous aimons partager et faire plaisir au plus grand nombre. Je tenais à rendre hommage à cet homme à travers ce texte pour le graver dans l’éternité numérique pour qu’il ne soit jamais oublié. Dès lors, deux questions me viennent à l’esprit :

Sommes nous tous des enchanteurs dans nos domaines respectifs ?

A partir de quel moment bascule-t-on dans l’enchantement ?

Vous trouverez les réponses dans mon prochain texte et je reste fidèle au postulat de départ : Ici je vous amène à la réflexion !

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Abdelhamid NIATI

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