Comme tout être humain normalement constitué et en bonne santé, je peux marcher, me déplacer dans un environnement en 3 voire en 4 dimensions.C’est ainsi que par un temps assez nuageux et sombre je parcours une des rues qui longe l’immeuble dans lequel j’habite. Sur le trottoir d’en face, j’aperçois une silhouette qui me parle et que je regarde avec méfiance, tant j’ai du mal à la distinguer. En vient une seconde et le résultat est le même, la personne est floue, son visage surtout. Elle me dit quelque chose mais je ne perçois qu’un bruit sourd. Ses lèvres bougent pour me dire quelque chose mais toujours rien d’audible. C’est à ce même moment que, tout en poursuivant ma marche, une troisième personne me parle et son visage se veut plus familier, plus clair et je peux distinguer les traits de mon oncle. Je m’arrête et tente de comprendre ce qu’il me dit et là un attroupement se forme mais je ne peux traverser pour aller à leur rencontre car je suis bloqué sur ma partie de trottoir. Une masse sombre constituée de plusieurs individus, dont mon oncle, s’égosille et hurle sans que je puisse les entendre. Le plus frappant est que je ne ressens aucune peur alors que toutes les conditions sont réunies pour céder à la panique. Je me déplace sur le trottoir pour tendre l’oreille et mes va-et-vient n’y font rien, les cris sont vides de sons. Je les vois hurler à pleins poumons pour m’avertir et je m’interroge sur le danger que je devrais absolument éviter. Alors que je me déplace sur le trottoir, je vois les visages se déformer, et il me semble que j’ai fait le pas de trop. Le pas dans une bouche d’égout m’entraînant dans une chute sans fin et obscure. Un vide vite comblé par une vision familière car je me vois tomber du plafond de ma chambre comme si un vortex s’était formé entre le monde des rêves et le monde réel. Mon matelas me réceptionne et je me réveille en sursaut.
Mon affolement sera de courte durée parce qu’en regardant mon environnement j’aperçois les visages protecteurs de mes parents qui dorment à poings fermés et que ma chute n’a pas dérangés. Ce n’était qu’un mauvais rêve et me voilà à l’abri dans mon lit d’enfant.
Ce texte est le récit d’un rêve d’enfant que j’ai gardé en mémoire et que j’ai décidé d’écrire sur les conseils de Délphine Sauret.
Abdelhamid NIATI
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Bonjour Abdelhamid ! Quel rêve ! Je comprends qu’il puisse te hanter, cela doit être une sacrée sensation ! La chute… mais visiblement l’issue est positive et la réception bien amortie ! Cet enfant avait décidé de suivre son idée. Peut-être que ton rêve nous dit que les peurs des autres ne sont pas les nôtres ?
Pour moi, lectrice, ton rêve va me faire réfléchir différemment à certaines choses relatives à la perception de la conscience générale et comment trouver son chemin personnel dans tout ça… Vaste programme !
Je te souhaite une belle journée.
Bonjour Delphine,
Merci pour ton commentaire. Je pense que ma sensibilité artistique a commencé très tôt et ce rêve en est un exemple. Je m’en souviens comme si c’ était hier et il n’ a jamais été perçu comme mauvais. Je l’ ai toujours trouvé extraordinaire.
Quelle mémoire ! Quelle description… j’y étais !
merci. J’ai gardé la quasi totalité de mes rêves en mémoire. Un projet à compiler.
La casi totalité ? Comment tu fais ?
Moi c’est à peine si je m’en souviens au réveil ….
j’ai toujours eu une bonne mémoire, même sur des détails.
C’est bien de parler de ses rêves d’enfant! ça peut faire expier quelque chose d’enfoui!!
exact Fabienne et l’exercice est loin d’être simple.
Quelle chance de pouvoir profiter de tous les moments de sa vie. Même si l’objet du rêve ne semble pas des plus sereins, il porte certainement l’espoir de chasser quelques idées sombres.
Merci infiniment Jacques
quelle peur ! il serait intéressant de replonger dans l’ambiance vécue éveillée. Quel sentiment d’insécurité se cachait à travers le silenceet la bouche d’égout? La peur d’etre isolé?