EdvardMunch-TheScream-1893

Comme tout être humain normalement constitué et en bonne santé, je peux marcher, me déplacer dans un environnement en 3 voire en 4 dimensions.C’est ainsi que par un temps assez nuageux et sombre je parcours une des rues qui longe l’immeuble dans lequel j’habite. Sur le trottoir d’en face, j’aperçois une silhouette qui me parle et que je regarde avec méfiance, tant j’ai du mal à la distinguer. En vient une seconde et le résultat est le même, la personne est floue, son visage surtout. Elle me dit quelque chose mais je ne perçois qu’un bruit sourd. Ses lèvres bougent pour me dire quelque chose mais toujours rien d’audible. C’est à ce même moment que, tout en poursuivant ma marche, une troisième personne me parle et son visage se veut plus familier, plus clair et je peux distinguer les traits de mon oncle. Je m’arrête et tente de comprendre ce qu’il me dit et là un attroupement se forme mais je ne peux traverser pour aller à leur rencontre car je suis bloqué sur ma partie de trottoir. Une masse sombre constituée de plusieurs individus, dont mon oncle, s’égosille et hurle sans que je puisse les entendre. Le plus frappant est que je ne ressens aucune peur alors que toutes les conditions sont réunies pour céder à la panique. Je me déplace sur le trottoir pour tendre l’oreille et mes va-et-vient n’y font rien, les cris sont vides de sons. Je les vois hurler à pleins poumons pour m’avertir et je m’interroge sur le danger que je devrais absolument éviter. Alors que je me déplace sur le trottoir, je vois les visages se déformer, et il me semble que j’ai fait le pas de trop. Le pas dans une bouche d’égout m’entraînant dans une chute sans fin et obscure. Un vide vite comblé par une vision familière car je me vois tomber du plafond de ma chambre comme si un vortex s’était formé entre le monde des rêves et le monde réel. Mon matelas me réceptionne et je me réveille en sursaut.

Mon affolement sera de courte durée parce qu’en regardant mon environnement j’aperçois les visages protecteurs de mes parents qui dorment à poings fermés et que ma chute n’a pas dérangés. Ce n’était qu’un mauvais rêve et me voilà à l’abri dans mon lit d’enfant.

Ce texte est le récit d’un rêve d’enfant que j’ai gardé en mémoire et que j’ai décidé d’écrire sur les conseils de Délphine Sauret.

Abdelhamid NIATI

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