
Un cauchemar ou un rêve ? Telle est la première question qui me vient à l’esprit lorsque je me rends compte que mon corps change au fil des jours. Depuis maintenant quelques mois et cinq années de bons et loyaux services dans la même entreprise, je me sens rétrécir. Comme tous les matins, je me prépare et me nourris avant de partir travailler, mais je passe de moins en moins de temps à me regarder dans le miroir. Une fois les marches de mon immeuble dévalées pour attraper le premier bus, réceptacle roulant seconde classe pour travailleurs avertis, je me rends un peu plus nerveusement qu’à l’accoutumée sur le lieu de mes exploits professionnels. Arrivé au travail, je prends religieusement place dans mon bureau après avoir salué mes collègues. Aujourd’hui, mon supérieur hiérarchique veut me voir, mon n+1 techniquement parlant, mais ce jour-là, je l’ai renommé « Little Big Chief », petit par les manipulations et grand par la taille. Pas si grand que ça ramené à l’échelle de l’homme moyen, à savoir 1m75. Il paraît plus grand et je me sens plus petit, allant jusqu’à nager dans mon costume. Pendant qu’il me parle, mon imagination vient apporter sa pierre à l’édifice de ma curiosité. Avec un rétrécissement suffisant, je pourrais entrer dans sa tête pour y observer les magouilles synaptiques qui agissent dans le seul est unique but de pourrir la vie des autres. . Mais je ne m’attarderais pas dans sa boite crânienne sans semelle antidérapante En effet, il suffirait d’une glissade pour que je perde complètement pied, adsorbé par la noirceur de l’être, en priant pour que le hasard me dirige vers l’ultime sphincter libératoire. Comprendre sans me noyer est ma mission première, celle qui me permettra de combattre mon « ptit chef » qui depuis plusieurs mois a décidé de me nuire.
Cette première étape me permet de retrouver petit à petit ma taille normale. Je me demande alors comment un être aussi petit peut nuire à ce point, un peu comme un virus dont je cherche le vaccin. Je ne peux compter ni sur Louis Pasteur pour m’aider, ni sur un microscope, alors une idée me vient à l’esprit. Je vais mettre en valeur mon travail en utilisant l’espace de publicité le plus large du monde : le web 2.0. À moi de jouer et à force travail et de présence efficace sur ces réseaux, me voilà prêt à entrer en scène et à l’occuper jusqu’à l’ovation finale. Après des activités sans relâches sur les réseaux sociaux, ma place sur scène est acquise et le petit homme qui me faisait de l’ombre est cette fois-ci exclue de la scène et devra agir en coulisse pour me faire chuter. Son action en coulisse fut vaine, car même les techniciens m’applaudissent et mon costume me va comme un gant, comme s’il avait été fait sur mesure et que j’occupe enfin la place qui est mienne !
Abdelhamid NIATI
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